Ces
deux notions sont parfois opposées: une isolation intérieure
appliquée sur une paroi réduit en grande partie linertie
de ce mur. Pourtant, les deux techniques doivent étre utilisées
conjointement pour optimiser le rendement des batiments; lisolation
placée a lextérieur limite le passage des flux
de chaleur, linertie régule les apports gratuits.
Lisolation, cest la technique du thermos, on place une
barrière isolante entre deux milieux de température
différente. Cette barrière va limiter le passage de
la chaleur.
Linertie thermique, cest le stockage des calories dans
la masse des matériaux. Ces calories vont être relâchées
lentement dans latmosphère et vont contribuer à
stabiliser la température du local.
La conductivité thermique des matériaux de structure
est environ 25 fois plus élevée que celle des matériaux
isolants: en hiver, malgré les gains de chaleur par inertie,
les déperditions sont nettement plus élevées
dans les structures à forte inertie non isolées que
dans les structures légères à faible inertie
,mais bien isolées.
LINERTIE NE REMPLACE PAS LISOLATION
De nombreuses simulations ont été effectuées
pour vérifier le comportement des isolations. Le laboratoire
de lUnderground Space Center à Minneapolis spécialisé
dans létude des bâtiments enterrés ,a démontré
quil faut une couverture de 2,75m de terre pour obtenir des
performances équivalentes à celles dune structure
bien isolée.
Les tests ont été réalisés sur une année
entière pour 2 toits, lun recouvert de 3m de terre, lautre
de 46cm de terre et de 10cm disolation.

Plusieurs
configurations de toit ont été testées pour vérifier
le rôle de la couverture de terre et limportance de lisolation.
Les représentations sinusoïdales de température
permettent de prévoir les pertes dénergie sur
une période de variation régulière de température.
Dans la réalité, les températures journalières
fluctuent à intervalles aléatoires en-dessous et en-dessus
de cette moyenne. |
Pour
étudier le phénomène, une variation de ce type
a été reconstituée sur 2 structures de toit
ayant la même valeur de résistance R (4,35 m2°C/W),
donc un comportement identique en régime régulier.
Le toit A est constitué dune dalle de béton
précontraint de 20cm dépaisseur et dune
isolation de 12cm, tandis que le toit B ne possède que 10cm
disolation mais est recouvert de 46cm de terre.

Le
toit A, nayant pas de masse thermique, répond immédiatement
au changement extérieur et atteint en 2 jours son quota maximal
de perte. Lorsque la température redevient normale, le toit
revient à son niveau opératif au bout de 2 jours.
Le toit B résiste une journée entière avant
que ces pertes calorifiques commencent à augmenter doucement.
Après 5 jours, lorsque les températures extérieures
reviennent à la normale, les pertes continuent encore à
augmenter, mais nont atteint que 77% des pertes du toit A.
Le toit B mettra encore une journée avant de revenir aux
conditions normales. La consommation énergétique du
toit B sera finalement inférieure de 8% à celle du
toit A.
Pour 2 structures équivalentes en régime thermique
régulier, la structure massive aura une plus grande stabilité
lors de brusques variations. On aura donc intérêt à
avoir le plus de terre possible. La limite sera fixée par
la charge supportable par la structure.
Le toit C avec 5cm disolation en plus que le toit B, permet
des économies (pour les données climatiques de Minneapolis)
de 6,67 Kwh/m3 en hiver et de 0,29 Kwh/m3 en été.
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LEFFET
DE PAROI FROIDE OU DE PAROI CHAUDE
Une paroi dont la température est plus froide que celle de
lair intérieur provoque une sensation de froid. Il est
donc nécessaire de maintenir une quantité suffisante
de chaleur dans la paroi, et pour cela disoler celle-ci.
On peut également jouer sur leffusivité thermique
des matériaux.
Leffusivité thermique E des matériaux, parfois
dénommée chaleur subjective, représente
la rapidité avec laquelle la température superficielle
dun matériau se réchauffe.
Le coefficient E indique combien de kilojoules ont pénétré
sur 1 m2 de surface de matériau, une seconde après un
contact avec une matière dont la température est plus
élevée de 1°C.
Plus le coefficient E est bas, plus le matériau se réchauffe
vite.
Les matériaux dont le coefficient E est inférieur ou
égal à 0,33 kj/m2.s.°C produisent un effet
de chaleur. Le liège par exemple a un coefficient de 0,14 kj/m2.s.°C,
le bois de 0,56 kj/m2.s.°C, le béton en revanche a
un coefficient de 2 kj/m2.s.°C.
Bien que ce facteur ne soit pas pris en compte dans les calculs thermiques,
il est aisé de comprendre que le bois sera plus adapté
au confort dhiver, et le béton plus intéressant
pour le confort dété.
Les matériaux isolants ont un coefficient E faible et ont une
bonne chaleur subjective, les matériaux dotés
dun bon volant thermique ont un coefficient E élevé.
Dans certains cas, il pourra être intéressant de disposer
un matériau mince à faible coefficient E devant une
paroi à forte inertie (E élevé). Cette solution
a lavantage de supprimer parfois leffet de paroi froide,
mais a contrario elle diminue de façon importante la capacité
de stockage des calories dans la paroi froide et donc leffet
de régulation de linertie.
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